Privé hors contrat musulman (EpMus), le vrai du faux.

Dans l'émission " 8H30 politique " sur FranceInfo, le député LR Éric Ciotti s'inquiètait de l'augmentation "très forte" du nombre d'écoles musulmanes en France. Propos repris et corrigés dans l'émission le "vrai du faux".

umm3imran
5 novembre 2018 - 5:28pm
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Dans l'émission " 8H30 politique " sur FranceInfo, le député LR Éric Ciotti s'inquiètait de l'augmentation "très forte" du nombre d'écoles musulmanes en France. Mais qu'en est-il vraiment?

Des chiffres ou des approximations.

"Vous avez des chiffres?"

"Je n'ai pas de chiffre" répond Eric Ciotti, député LR au journaliste Jean-Michel Aphatie.

Incroyable tout de même, de prétendre soulever une telle "problématique", avec autant de vigueur, de demander en renfoncerment de contrôle sur un sujet dont on a, en fait, pas les chiffres.

C'est bien le problème quand on entend parler du confessionnel musulman, bien souvent, les intervenants alertent, effraient, sur une base de "on dit", d'approximations, bien plus, de spéculations.

Un problème de terminologie.

"On parle d'école coranique?"

"Oui, absolument !" répond Eric Ciotti.

Alors non, on ne parle pas d'école coranique, comme on ne parle pas d'école torahique ou d'école biblique. On parle éventuellement d'école islamique mais surtout d'école musulmane.

Puisque la confusion sert bien trop souvent de mauvaises intentions, nous allons revoir ensemble ces définitions :

Une école coranique est une école dans laquelle on apprend ? Le coran ! Si on veut étendre la définition on pourra penser aux écoles théologiques musulmanes où les enseignements tournent autour des sciences religieuses islamiques, et qui non rien à voir avec les apprentissages fondamentaux du socle commun, des écoles privées hors contrat.

Les écoles privées musulmanes, elles, dispensent selon des méthodes et pédagogies choisies grâce à la liberté d'enseignement, les éléments du socle commun. Elles proposent parfois, de l'éveil spirituel souvent sur des temps optionnels, en début ou fin de journée, le mercredi ou le week-end. Mais elle propose surtout, une éthique, un environnement respectant les principes de leur religion, basés sur des valeurs bien souvent universelles. 

A qui servent ces approximations de langage?  

Nous avons bien notre idée. Les politiques, toujours à l'affut de leur éléctorat, ne se privent pas d'utiliser des termes qui nourrissent le climat de peur si cher à leur élection : "La menace, le contrôle, des dérives dangereuses, augmentation très forte, préocupant, inquiète"...

La politique de la peur consiste souvent à l'heure de bonne et large audience,  à provoquer la peur au sein de la population pour faciliter l'adoption de lois sécuritaires. En réduisant ainsi la liberté individuelle, les personnalités publiques ou politiques espèrent pouvoir assurer leur élection ou leur maintien.

L'efficacité des politiques de la peur serait due au fait que l'évaluation des risques et les façons de s'en protéger ne résultent pas d'une attitude rationnelle, mais d'un comportement émotionnel entretenu par ces hommes politiques. Ainsi la mentalité collective est guidée par l'impulsion, l'habitude ou l'émotion et non par la pensée.

"Façe à la menace"

Mais de quelle menace parle Ecrit Ciotti ? En quoi les établissements alternatifs sont-ils une menace pour le service public ? Une offre alternative, où d'autres approches pédagogiques sont proposées, ou une autre définition de la laïcité permet à des enfants d'être entier dans leur école, où on cherche une place pour chaque enfant dans son identité, dans son individualité,  n'est ce pas une bonne chose pour cette éducation nationale qui étouffe ?

Si le terme menace repose sur les établissements musulmans alors, c'est simplement de la diffamation, qui ne repose sur aucun fondement.

On démèle le vrai du faux.

Antoine Krempf dans son émission "le vrai du faux" sur Franceinfo, décortique les informations repérées dans les médias et les réseaux sociaux. Dans l'émission du 5 juillet 2018, il revient sur les déclarations du député LR Éric Ciotti, qui s'inquiète de l'augmentation du nombre d'écoles musulmanes.

"De façon générale, les écoles hors-contrat, ... comptent 73 000 élèves à la rentrée 2017, dans 1 300 établissements différents. Cela représente 14 000 enfants et 500 écoles supplémentaires en sept ans. Une augmentation impressionnate, mais qu'il faut replacer dans un contexte global : les élèves scolarisés dans ces écoles hors-contrat représentent moins de 1% de l'ensemble des élèves en France. C'est une goutte d'eau."

C'est une goutte d'eau

A vrai dire, sur les 120 écoles ouvertes à la rentrée 2017 seules 4 étaient du confessionel musulman ! Nous en parlions ici.

Alors, une augementation très forte, vous disiez?

La liberté d'enseignement.

Si la plupart des interventions, des articles, des nouveaux débats, semblent converger sur le postulat que l'instituionnalisation de l'éducation a fortiori public, est légitime, nous ne nous en accomoderons pas.

Eric Ciotti parle de "dérogation" pour les familles choisissant l'instruction en famille, d'ouverture d'école sans être sous contrant. Rappelons lui deux choses : 

- C'est d'abord aux parents que revient le rôle d'éduquer. Et quitte à appuyer nos propos, n'y allons pas de main morte. La déclaration universelle des droits de l'homme/ Article 26 : "Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants."  Qui viendra nous dire que l'instruction ne fait pas partie de l'éducation ?

Déclaration des droits de l'enfant. Principe 7 : "L'interet supérieur de l'enfant doit être le guide de ceux qui ont la responsabilité de son éducation et de son orientatio; cette responsabilité incombe en priorité à ses parents."

Bien que le code de l'éducation indique que "l'instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement", il assure également aussi que "l’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. Article L.131-2 du Code de l’Education

Exprimer que les cours individuels (ief) ou le choix d'écoles privées hors-contrat entraînent des dérives dangereuses, reste un jugement de valeur de la part du député, une atteinte aux libertés individuelles, à la liberté d'enseignement.

Ces familles choisissent simplement de se saisir d'un droit qu'elles ont, celui de ne pas faire appel au service public ou privé pour instruire leur enfant.

- Secondo, "les écoles qui ouvrent sans être sous contrat d'association" dit-il. Pour votre gouverne, le contraire n'est pas possible pour une nouvelle école. En effet, il faut pour prétendre à la mise sous contrat, justifier de 5 ans de fonctionnement autonome (sans finançements). On nous expliquera alors comment ouvrir en étant sous-contrat, alors que la mise sous contrat semble être de plus en plus difficile à obtenir.

Voilà le vrai du faux.

 

 

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umm3imran
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